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3 mars 2016

Sarrazine vous invite à la librairie Texture



Plus on est de fous, plus on rit, dit-on, alors venez nombreux écouter les auteurs de Sarrazine à la librairie Texture à Paris, le 10 mars prochain



16 novembre 2015

Avec gravité et tristesse, Robert le Diable, s'associe au deuil national ce soir.
La poésie, la littérature, les arts et la musique contribuent à faire rempart contre les fanatismes, les violences, les idéologies
aux méthodes barbares.
IL faut impérativement tenter de vivre continuer pour ce qui nous concerne d'écrire pour inventer à chaque fois un monde possible malgré tout.

Avec Luana Mayereau nous disons alors:


11 août 2015

Un peuple

Un peuple
Stéphane Bouquet
Champ Vallon, 12 €



Je passe mon été aux côtés de Stéphane Bouquet qui ne le sait sûrement pas. Nos Amériques, Les Amours suivants, Les oiseaux favorables  posés près de mon lit, sur une table de chevet qui est un tabouret de cuisine. Aujourd’hui, j’ai envie de parler d’Un peuple, assemblée de poètes anglais, américains, grecs, portugais, allemands, latins qui surgissent et disparaissent, ricochent et échouent un moment entre les pages du livre.  

« Je deviens le simple reflet de tout un monde prononcé jadis . »

Walt Whitman, vieil homme barbu, assis devant un fleuve, Henry David Thoreau, les manches retroussées,… fait le tour de l’étang, Wallace Stevens, tranquille et cravaté, Emily Dickinson, Virginia Woolf et Mrs Dalloway, Quentin Compson, Fernando Pessoa, John Keats…
Stéphane Bouquet  parle de ce peuple de poètes qui l’émeut, le touche au sens propre comme au sens figuré, c’est toujours  de lui dont il parle et du désir qui constitue le cœur de ses livres, de la mort, de la mélancolie quand celle-ci est l’enfant de Saturne. Fragment de Sapho qui chante
…chevrier… désir… sueur…
rose…
…je dis…
texte que le temps a tronqué mais qui dit « juste », comme une note est juste, l’amour, le désir, le corps…

« Ainsi une anthologie offre des possibilités multiples d’intersections », Stéphane Bouquet nous mène de l’un à l’autre pour revenir ensuite et nous le suivons ébloui, dans ce cimetière.
« Il se demande ce qu’est la poésie. Il se sert dans les morts pour élaborer des réponses. »

Entre les tombes, des poèmes qui parlent «  des choses qui passent, du grand défilé interminable. »

« Un peuple : il vient de se glisser tout entier sous la couette
pour se protéger du froid, qu’est-ce que ?
est la question du contact de coton
blanc des draps sur le visage… »

Pour finir, Keats, « mon ami très cher » qui fit inscrire sur sa tombe :
Here lies one whose name was written on water / Ci-gît quelqu’un dont le nom fut écrit sur de l’eau  et Stéphane Bouquet conclut : « D’une certaine façon, un être est un jeu passager de la lumière et du courant, ensuite il rejoint l’eau anonyme, ensuite se réalise le cher vœu keatsien, notre cher vœu  commun : to fade away, to dissolve, s’effacer, s’évanouir. »
Un livre qui ouvre la porte d’une bibliothèque qui n’attend plus que nous…


Catherine Tourné

L'apocalypse selon Dürer

L’apocalypse selon Dürer
Alberto Manguel ;
Traduction de l’anglais par Christine Le Bœuf

Les 7 trompettes

Pour qui, comme moi, se promène souvent dans la région d’Angers où se trouve la splendide Tapisserie de l’Apocalypse, l’iconographie de cet épisode biblique est familière : dragon à sept têtes, sept anges, sept chandeliers, sept lettres, sept sceaux, sept visions, sept trompettes, sept nouvelles visions. Pas besoin d’être historien de l’art pour constater que le chiffre sept,  «magique» par excellence, se retrouve tout au long du texte de Saint Jean de Patmos.
Alberto Manguel se penche sur la série de gravures réalisées par Albrecht Dürer : « L’Apocalypse représente la mort de toutes choses, non comme la fin dernière mais comme l’ultime étape dans le combat entre le bien et le mal. » Ce livre, érudit, constitué de 16 petits textes éclaire l’œuvre la replaçant dans son contexte théologique et historique mais son intérêt réside dans l’écho que ces gravures suscitent chez l’auteur. Parfois une gravure entraine celui-ci dans une méditation sur le monde contemporain et son Enfer dans lequel «les extrémistes religieux seront forcés d’errer sans fin et seuls dans leurs propres cauchemars hideux ; les financiers, vêtus de costumes trop serrés, souffriront faim et soif cependant que des gaveurs d’oies leur enfonceront dans l’œsophage des pièces et des billets ». D’autres gravures proposent une interrogation sur la mort et le désir de jeunesse éternelle.
Alberto Manguel, dans son étude de la gravure « Les vingt-quatre vieillards » évoque le corps, son corps alors que l’âge vient :
« Durant mon adolescence et mes premières années d’adulte, mon esprit semblait n’être qu’une présence brouillée et incertaine se mêlant avec maladresse à la vie insouciante du corps souverain qui prenait son plaisir partout où il le trouvait sans conséquence notable. Paradoxalement, mon corps me paraissait alors moins consistant que mes pensées et ne me faisait sentir sa présence qu’au travers de mes sens éclectiques, dans l’air frais du matin ou une balade nocturne dans la ville, quand je déjeunais au soleil ou étreignais dans l’obscurité le corps de mon amant. Même lire était une activité physique : le toucher, l’odeur, l’aspect des mots sur la page.
Désormais le plaisir vient surtout de la pensée, et les rêves comme les idées semblent plus riches et plus clairs. L’esprit veut prendre possession de ce qui lui revient mais le vieux corps, tel un tyran destitué, refuse de se retirer et réclame une attention constante : il mord, gratte, presse, hurle ou tombe en un état d’engourdissement ou d’épuisement injustifié.»
Ce texte, lu au bord de la plage, dans la torpeur de l’été, rappelle que l’importance de l’art, de la poésie, vient de ce que, au-delà des siècles, ils nous parlent de nous, frère humain et nous permet parfois de nous comprendre mieux et d’appréhender avec plus d’acuité le monde qui nous entoure.
Avant de plonger dans la mer voici que me revient cette citation évoquant Mallarmé :
« … ainsi que le savait Dürer, l’échec réside, implicite, dans les plus grandes réussites, puisqu’il désigne l’état d’incomplétude de toute grande œuvre d’art… Mallarmé parlait de « la Muse de l’impuissance », qui inspire à chaque entreprise  artistique un certain degré d’échec lui permettant de  survivre. »

L’Apocalypse selon Dürer, Alberto Manguel, éditions Invenit, collecion Ekphrasis, 13 €

Catherine Tourné

(sur les rives de la Méditerranée, juillet 2015)



    Les 7 églises d'Asie


Anges aux 7 fléaux




29 avril 2012

RDV du Bois Chevalier



Chers amis,
Voici le printemps et donc très bientôt les Rendez-Vous du Bois Chevalier qui auront lieu à Legé cette année, les 16 et 17 juin 2012. Cette quatrième édition traitera du soleil et aura pour titre : Un deux trois soleil.
Comme l’année dernière, notre  festival s’étalera sur deux jours, en commençant le samedi 16 juin à 17h00 par l’introduction et un concert de musique classique : Chopin, Debussy, Ravel, Schuman dans le grand salon. Pour continuer, vers 18h00, par des lectures avec la participation de poètes : Christian Bulting, Brigitte Gyr, Marie de Quatrebarbes et moi-même et une intervention musicale avec Tunde Hadju au piano et Raphaël Sévère à la clarinette, avec des morceaux de Brahms et de Rossini dans le salon.
Après un verre de l’amitié et des petits concerts donnés par des élèves d’Yves Sévère du Conservatoire Régional de Nantes (sous la tente), nous nous restaurerons avant d’aller voir, dans la grange, une création théâtrale de Christine Farré, intitulée Fractures. Puis nous irons nous coucher.
Le lendemain dimanche, les festivités débuteront à 10h45 par un accueil au salon, puis commenceront les conférences :
  • Patrick Barbier, historien de la musique et professeur, nous parlera de la musique à la cour de Louis XIV.
  • Jean-Claude Vial, directeur de recherche au CNRS, nous parlera du couple Soleil/Terre.
  • Après le déjeuner, Philippe de Grissac, vice-président de la LPO, nous parlera de la migration des oiseaux, du soleil et de l’homme.
  • Marie-Claude Rousseau se penchera sur le soleil dans l’art.
  • Jean-Luc Cousin, architecte, s’exprimera sur la démarche environnementale dans l’architecture.
  • Enfin Patrick Boumier, docteur en astrophysique spatiale, nous parlera du soleil, lui aussi.
Comme à l’habitude, il y aura des rencontres avec des poètes et des écrivains : cette année Évelyne Morin, Antoine Emaz et le poète Haïtien Antony Phelps viendront nous lire leurs textes et nous parler.
Une nouveauté cette année : le planétarium de Nantes viendra avec une coupole mobile ; il sera possible aux grands et petits de suivre des séances animées par Vincent Jean-Victor, médiateur scientifique au Planétarium.
Des lectures nomades auront lieu, animées par Jacques Fournier, directeur de la Maison de la Poésie de Saint-Quentin en Yvelines. Nous proposerons ensuite un grand débat rassemblant tout le monde autour de la question suivante : « Avons-nous oublié le soleil ? »
La journée se terminera par un beau concert mélangé de Jazz avec Grégoire Évain, des morceaux de J. Cullum, Nat King Cole, K. Dorham et l’octuor de guitare du Conservatoire Régional de Nantes de la classe de Michel Grizard qui nous jouera Albeniz, Mompou, Turina etc. dans le grand salon.
Voilà pour les nouvelles les plus récentes, l’essentiel pour l’heure étant que vous réserviez votre samedi 16 juin et votre dimanche 17 juin où nous espérons vous retrouver au Bois Chevalier pour des moments que nous espérons et nous souhaitons heureux et riches.
Amitiés,
Paul de Brancion

27 avril 2012

fictions aujourd'hui

C'est par le rythme, par la poésie, donc, qu'on peut renouveler la fiction aujourd'hui; le " roman " tourne en rond; il y a comme une sorte d'exaspération publicitaire autour de la question de " l' histoire ", au sens restreint du terme; que l'en en soit, à la télévision ou même à la radio culturelle, à éviter de dévoiler la " fin " de l'histoire, en dit long sur l'abêtissement et sur la niaiserie du traitement actuel de ce que l' l'on nomme la littérature."


 L'éloquence ne sort, ne vient que de ce que l'on nomme " l'âme " : de l'auteur et de ses figures.

 Guyotat

21 avril 2012

Veille des élections présidentielles françaises


Pardon d'avoir tant tardé à alimenter ce journal. Vicissitudes.

Lu: Explications de P. Guyotat. ( editions Leo Scheer)
Très intelligent, presque tout le temps. Très tourné sur soi, persuadé d'être une sorte de génie littéraire expérimental...créateur de forme s'exprime sur "Progénitures" troisième partie à paraître.
"La pratique de l'art, c'est se réassurer, et se réassurer tous les jours, à partir de rien, qu'on est digne d'en faire encore - mais on a alors oublié qu'on en était capable, la veille par exemple."

"...il ya dans le ressassment libéraliste quelque chose d'aussi illusoire que les anciens "lendemains qui chantent" du communisme à la soviétiqu. Que faire donc?"

"Une langue c'est une formation impure."

"La dépression, c'est que le monde ne vous parle plus."
" La dépression, c'est une exclusion, c'est bien la pire des exclusions."

"...si je pouvais enfin réécrire, c'était parce que j'avais récupéré mon Je."

" On marche pour trouver, pour tomber sur un regard qui, à nouveau, vous identifierait, vous identifierait comme être humain, comme faisant partie de l'espèce humaine."


" En matière d'art, c'est évident, ça chante là,où deux extrêmes inconciliables se touchent."


" L'activité artistique c'est une caricature de ce qu'il faudrait vivre...dans l'oeuvre on se libère pour vivre enfin."

" On marche pour trouver, pour tomber sur un regard qui, à nouveau, vous identifierait, vous identifierait comme être humain, comme faisant partie de l'espèce humaine."


"La poésie c'est l'impatience; après le travail est patience."

"Le hasard c'est du désordre qui s'ajoute au désordre du monde, comme l'art ajoute au désordre du monde."

" ...il ya dans le Bible d'étranges moments, d'étranges phrases sur la solitude de Dieu privé d'humains."

" Nous sommes aujourd'hui dans une civilisation de la prolifération; c'en est fini de la fiction nette, pleine, orientée vers sa fin, etc.; c'en est fini des figures qu'on suit jusqu'au bout, dont la fiction règle des comptes. Le dernier à créer dans une telle splendeur, c'est Kafka."

" Ce n'est pas pour rien que ce K. est le dernier avant la grande catastrophe qui, d'une certaine façon, déjustifie qu'un artiste suive une même figure trop longtemps; car on sait trop ce que peut donner maintenant une figure humaine qui voudrait dépasser sa condition ou la faire régresser, tel Hitler mais surtout le bureaucrate qui lui obéit."

Tout cela est remarquable et fortement ancré dans un christianisme intégré, ostentatoire et donc à ce titre excessif: " Si tu le peux, éloigne moi ce calice".

Voilà.