19 octobre 2014

Beau poème de Marilyn Hacker

 L'amie dont Marilyn Hacker parle a réussi à quitter Mossoul et à se réfugier à Erbil. Elle était
prof à l'Université de Mossoul. Elle a réussi à avoir le pdf des nouveaux programmes de l'Université de Mossoul, tels que Daech les impose : l'histoire, la géographie, la biologie, la philosophie, la littérature et les langues étrangères sont désormais interdits.



Wartime Pantoum

Marilyn Hacker 
In memory of Adrienne Rich 
 
Were the mountain women sold as slaves
in the city my friend has not written from for two weeks ?
One of the Just has given his medal back.
I wake up four times in the night soaked with sweat.
 
In the city my friend has not written from, for two weeks
there was almost enough electricity.
I wake up four times in the night soaked with sweat
and change my shirt and go to sleep again.
 
There was almost enough electricity
to heat water, make tea, bathe, write e-mails
and change her shirt and go to sleep again.
Her mother has gallstones. Her sister mourns.
 
Heat water, make tea, bathe, write e-mails
to Mosul, New York, London, Beirut.
Her sister mourns a teenaged son who died
in a stupid household accident.
 
To Mosul, Havana, London, Beirut,
I change the greeting, change the alphabet.
War like a stupid household accident
changes the optics of a scene forever.
 
I change the greeting, change the alphabet :
Hola, morning of light, ya compañera.
Change the optics of a scene foreverp
present, and always altogether elsewhere.
 
Morning of roses, kiss you, hasta luego
to all our adolescent revolutions,
present and always altogether elsewhere.
It seemed as if something would change for good tomorrow.
 
All our adolescent revolutions
gone gray, drink exiles’ coffee, if they’re lucky .
It seemed as if something would change for good tomorrow.
She was our conscience and she died too early.
 
The gray exiles drink coffee, if they’re lucky.
Gaza’s survivors sift through weeping rubble.
She was our conscience, but she died too early,
after she spoke of more than one disaster.
 
Cursing, weeping, survivors sift through rubble.
One of the Just has given back his medal
after he spoke of more than one disaster.
How can we sing our songs if we are slaves ?
 
 
Marilyn Hacker is the author of twelve books of poems, including Names and Desesperanto (Norton P), and an essay collection, Unauthorized Voices (Michigan P). Her translations from the French include Marie Etienne’s King of a Hundred Horsemen (Farrar, Strauss, and Giroux), which received the 2009 PEN Award for Poetry in Translation, and Amina Saïd’s The Present Tense of the World (Black Widow P). For her own work, she received the PEN Voelcker Award for poetry in 2010. She is a Chancellor of the Academy of American Poets.

18 octobre 2014

ROBERT LE DIABLE ORGANISE DES LECTURES A PARIS



23 mars 2014

Petit poème de Safiétou Sakala

J'ai rencontré Safietou Sakala  lors de la remise des prix de Poésie en Liberté elle m'a envoyé ce poème
il y a quelques jours

"Voici un petit poème que j'ai écrit en octobre passé, après avoir assisté à une exposition de photos (Ananias Leki Dago).
L'image jointe va avec le poème !" 



hebeen Blues.

Et j'imagine aisément
Sous leur chapeaux et sous leurs allures nonchalantes            
La profondeur de l'abîme qui les retient.
Il y noie leur âme
Oublions même qu'ils peuvent encore apprendre à nager.
Il y voit leur arme
Contre la vie, contre ce qu'ils estiment être pire
Oublions la que le mal qui ronge de l'intérieur,
N'as pas d'égal.


Shebeen Blues.

22 mars 2014

LES EDITIONS LANSKINE A SAINT NAZAIRE

Très belle lecture vendredi soir  à la librairie l'Embarcadère de Saint Nazaire avec Michaël Glück, Sophie Veiras et votre serviteur.
En présence de Bruno Normand et de CatherineTourné l'éditrice de ce joli monde.
La librairie est très agréable et les  deux jeune libraires   sensibles et attentives à la poésie. Ce qui est  rare et donc précieux!
La veille Michaël, Catherine et  moi sommes allés marcher sur la plage de  Notre Dame des Monts.

16 mars 2014

Ne pas oublier


Le poète iranien Hashem Shaabani exécuté par le régime chiite

tant de raison
indignées
demain autre chose
évadé le souvenir/souffrance
mort
les absent ont toujours tort
tort d'avoir été pendus
d'avoir parlé
chaque jour sans cesse
de s'être levé
le septième jour
salut à toi Hashem Shaabani

brève de bd 1,

Oh ! les filles ! de Sophie Michel (scénario), Emmanuel Lepage (dessin) (intégrale des 2 volumes, Futuropolis, 2013)


Ici, un strip en bas d'une page (figure 1), une halte dans cette histoire de trois enfants, adolescentes, adultes…, merveilleusement (comme à son accoutumée) dessinée par Emmanuel Lepage, l'auteur de La terre sans mal (scénario de Anne Sibran) ou de Muchacho (dessin et scénario) dans la collection Aire libre, chez Dupuis.

J'ai d'abord "lu" ce strip (figure 2) avant l'ouvrage-même, et admiré ce strip seul encore;  il est moment qu'on peut (comme je propose de faire dans  d'autres "brèves de bd") isoler  :  lui-même et son propre récit  : et de l'écriture et de la lecture de bande dessinée.

Toute lecture (non seulement "vue") de l'image de bd se fait (comme ailleurs, dans la lecture courante) de gauche à droite;   ici, dans la succession brève, immobile de trois cases, est représentée cette autre lecture, toujours de gauche à droite, des deux héros  : 

à l'ambiance de calme, de ce bleu qui est tout le décor de la scène, et de l'attitude  d'immobilité de ces personnages en lecteurs, s'ajoute la lenteur même (en trois phases pareilles, glissées de l'une à l'autre) de la progression de leur lecture;  dans cette immobile mise en abyme de la nôtre, de ce côté-ci du miroir (de l'écriture);  dans la discrétion (l'invisible langage) de la représentation;  enfin dans cette lecture qu'ils font eux-mêmes et de gauche à droite  :
         c'est alors à contre-courant de notre lecture de gauche à droite, et l'immobilisant, la calmant encore  : (re)dessinés de case en case plus et plus à notre droite ils tournent la tête de notre droite à notre gauche (leur droite, et naturellement);  sensiblement, donc, notre lecture est par la leur arrêtée, le temps de trois dernières cases d'avant la planche suivante.
Ici, c'est lire purement une phrase de bd, un récit entre ces "virgules" des cadres des cases, quand même sans paroles, dans le  scénario invisible, la disposition en regard des personnages et lecteurs.

Les cases bd sont par essence successives, et immobiles dans leur succession;  la beauté immédiate de cette "parole", et comme invisible, est installée dans l'ellipse de toute parole  -  sauf écrite, invisiblement, scénarisée, mise en lecture d'image (l'image parle en images l'image).

    J'acques Estager