23 avril 2011
Amitié étroite, de Bastien Vivès, chez KSTR, 2009, 16 euros
3 avril 2011
La rumeur, de Philippe Renaut, scénariste, et David Barou au dessin ; La boîte à bulles, 2008, 12 euros 80
29 mars 2011
COMME DIT NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET ( NKM) NOTRE MINISTRE... DE L'ENVIRONNEMENT LE NUCLEAIRE EST UNE BONNE ENERGIE
Le gouvernement japonais est en "état d'alerte maximum" après les fuites à la centrale de Fukushima
29 mars 2011 07:16Le gouvernement japonais a déclaré mardi être en "état d'alerte
maximum"
face aux problèmes de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima.
Le 1er ministre Naoto Kan a souligné que la situation restait
"imprévisible"
dans cette centrale, dont les systèmes de refroidissement de quatre
réacteurs sur six sont en panne et où les fuites radioactives se sont
multipliées depuis le séisme et le tsunami du 11 mars. Tepco,
l'opérateur de la centrale, a reconnu que de l'eau contaminée
pourrait avoir ruisselé jusqu'au Pacifique. Des traces de plutonium
ont aussi été détectées dans 5 endroits du site.
Le gouvernement chinois a annoncé mardi avoir à nouveau
détecté dans l'atmosphère de faibles quantités d'iode radioactif
provenant de la centrale de Fukushima, selon les médias locaux.
Pékin a demandé aux autorités de 14 régions, dont Pékin et
Shanghai,
d'effectuer des tests de radioactivité sur la nourriture et l'eau,
selon la presse. Par ailleurs, des traces de radioactivité ont
également
été relevées dans de l'eau de pluie dans les Etats de Pennsylvanie
et du Massachusetts, selon l'Agence américaine de l'environnement.
Les niveaux relevés ne représentent pour l'heure aucun danger, selon
l'EPA.
26 mars 2011
Quelques mots de Jean-Pierre Dupuy, président du comité d'éthique et de déontologie de la Haute Autorité de sûreté nucléaire
21 mars 2011
Svetlana Alexievitch, écvrivaine biélorusse auteure de Supplication Tchernobyl, chroniques du monde après l'apocalypse
8 mars 2011
TIQUE de Joël-Claude MEFFRE aux Éditions Propos/2 9 €
Nous sortons du monde des apparences fallacieuses. Ce petit recueil de Joël-Claude Meffre est sans conteste un ouvrage plein de poésie attachée au terroir, où l'austérité de ces pays du Sud - que l'on croit trop souvent accessibles à la facilité, alors que la mort sèche et la nuit, y règnent - est omniprésente.
De courtes séquences : le serpent, le cheval, le pré, la mort du grand-père, le chemin, les piquets, les sardines, ont des intitulés d'une grande simplicité.
On meurt de peu de chose et même la mort n'est presque rien. Rien n'est, hormis le regard et le chemin. L'âme donc, devinée, à peine devinée parmi les pierres qui s'écroulent vers le bas des choses. Tous les morts ensemble ne sont rien qu'une seule et même mort, avec le même visage informe.
On chemine avec le narrateur sans y penser, vers des "vallons institués", habités de parents, ceux qui ne sont plus ici-bas mais demeurent dans le souvenir des lieux.
"Il n'y a pas que des chemins, il n'y a qu'à cheminer".
Le livre s’achève par un texte absolument prodigieux :
Sardines
"T'es là, dans ta cuisine, avec la table encombrée
de journaux ; tu es assis sur ta chaise, tu mastiques trois
sardines qui étaient juste avant encore serrées dans
leur boîte et qui semblaient tellement bien nager
dans leur huile".
Francis Ponge est battu.
Sardonique Joël-Claude Meffre ajoute :
" Les sardines c'est d'ailleurs pas des poissons quand c'est comme ça
serré dans une boîte".
Nous assistons à la dénonciation dérisoire, huileuse, de nos efforts de modernité stressés, surveillés, entassés. C'est nous les sardines ! À bon entendeur, salut.
On aurait pu penser que le recueil aurait pu avoir pour titre « Chemin seul », qui m'aurait semblé illustrer parfaitement la posture originale (on pourrait parler d’im-posture/ de non posture justement, originale tant elle est sincère et tout à la fois distanciée) prise par l'auteur.
Il va à sa façon et parcourt le monde de sa montagne et de ses champs, sous son regard poétique, digne, un peu triste et austère, effleurant dans l'ennui du néant pour revenir à la présence.
Vers quelle solitude ?
"On ne va pas vers la solitude, ce n'est pas un but, si ce n'est que tu es seul à marcher vers l'espoir".
Ce poète est vivant, attentif, attachant.
Paul de BRANCION
21 février 2011
INZESTE de Mathias LAIR Gros Texte 8 €
Là, le titre est juste en plein dans le mille. C'est une ode amoureuse, effarée d'intelligence perdue. La phrase déchirée, le verbe désossé, partagée toute la longueur se lit comme un texte continu ou partiel, selon le bon vouloir du lecteur. Paradoxe, la brisure de la phrase rend la litanie incohérente, alors que la performance manifeste qui surgit à la lecture en continu déroute, dérive et devient alors accumulative. On est brisé dans notre lecture suspendue, à tout le moins essoufflé, accablé, comme le fils accablé par l'amour de sa mère :
"La destinée est ainsi faite d'être sous la loi de Maman".
On est dans la virtuosité absolue de Mathias Lair. L'auteur, soumis au ravage brillantissime du savoir de la psychanalyse, de la sémiologie, de l'objet « petit a », du signifiant etc.
Ça dépote un max !
"Pas né mais
néné pas deux fois
né mais
nez à nez dans le même
air respiré…" (page 31).
Le reste est du même bois, mais la lettre tue :
«Entre la matrice et le monde comme
un hiatus dedans je suis »
(bien vu !).
«dans quelle folie
« maternelle entre la vie
et le monde où je flâne
je n'en suis pas encore
né à cinquante ans
faire constat de non-vie
tout ce temps dans le rien
criant ne pas être et faire
pourtant comme toute bête
ne pas être sujet(…)
Cette blessure que
leur épargner j'aurais voulu
de génération en génération
la blessure reportée
cette infection." (p. 35).
Voilà, c'est dit. Il s'agit de juguler cette infection qui tue.
On est sous la loi de Maman jusqu'au chapitre intitulé "Voix » qui est à mon sens sublime. Le hiatus est justement situé entre la voix matricielle de la mère et son corps ( le corps d’elle) en lui :
/il faut le sens pour démonter
le traficotage d'inceste je sais
le deviner sous les religieux délices /. (p.41)
« pas de point
de fuite pour ordonner ce monde
pas d'autre horizon que cette gorge profonde" (page 42).
On a la voix d'elle ou par excès ou par défaut, nous les hommes :
"La voix qui vient est d'une
idole ma voix qui monte
s'adresse à quelle morte la voix
toujours de ce qui n'est pas là
en même temps ma substance
disparue elle est
ce qui n'est pas et
dans cet écart
pleurer comme on jouit
l'amour est cette voix".(p.44)
Se souvient-on, petit, à certaines époques où la voix mue de ce changement étrange où de soprano on devient baryton . On baisse comme des montagnes russes et parfois, si la nature nous a donné une mère à voix chantante et haute, ne voilà-t-il pas que nous nous prenons à monter vers l'aigu – une fois l'adolescence passée – au téléphone, cela donne :
- Bonjour madame
- J'suis pas une dame ! Je suis un monsieur ! (baissant le ton de la voix exagérément vers le bas)
- (l’interlocuteur ou plus vexant l’interlocutrice) Oh, pardon, bonjour monsieur !
Ils nous auront pris pour elle, pour Maman :
"L'amour est cette voix"
"ou bien dans la voix demeurer
travaillé par l'absence" (page 45).
Voilà, de la voix à la langue, il n'y a qu'un pas, un bord (de mère naturellement). Mathias Lair cherche à "forger une langue étrange inaccessible". Il y arrive magistralement. Cela peut-être un peu perturbant pour le lecteur non gymnaste, mais c'est absolument salutaire pour l'esprit de se plier à cette duplicité virtuose qui est sienne.
Continuons. Le dernier chapitre s'intitule "Bord de mère" (je vous l'avais dit, bord d'elle, donc), l'affaire continue, elle est interminable, ça dure. Cela ne terminera donc jamais, cela monte en beauté :
"Etre c'est me défaire
de Maman le monde
entier est gagné
(gâché) par elle (…)
Au moins si
je pouvais la rafistoler pour
qu'elle parte ailleurs
sur son chemin sans
moi (…)
Recracher
le lait
qui m'a fait
pour naître
(n'être). » ( p. 58 )
Voilà, c'est fini, toute cette permanente transportation de l'Œdipe douloureux ressassé, aveuglé, perçu, perclus et courageusement chahuté, affronté par les mots, il reste.
« Et quand m’aime
ne puis le nier quand
elle part avec
dans son panier le monde
entier après m'avoir
tué d'un sourire
d'amour s'évanouissait
me laissant suspendu
de l'amour à la haine
ne me laissant m’aime
pas une bonne pure
haine mais des
chausse-trapes seule
ment". (p.61)
Magnifique épitaphe, on n'est pas loin du rythme du grand François Villon. Nous sommes tous des pendus provisoires, n'est-ce pas ?
Voilà Inzeste tel que je l'ai lu. Il reste l'amour, le sentiment qui ne laisse pas indifférent ni même un différent.
Paul de BRANCION